Bibliographie


Alternatives Economiques Poche n° 031 - novembre 2007
couverture
Comprendre les économistes
novembre 2007

Dans la masse des publications, voici une sélection d'ouvrages qui privilégie la clarté ou la pertinence de l'analyse. Un système d'étoiles permet de repérer la difficulté de lecture: une étoile pour aborder un domaine sans peine, deux pour approfondir, trois pour lecteurs avertis.

Une vue d'ensemble de l'économie

* Déchiffrer l'économie, par Denis Clerc, coll. Grands Repères/Manuels, éd. La Découverte, 16e éd. 2007.

* Anti-manuel d'économie, par Bernard Maris, éd. Bréal, 2 tomes, 2003 et 2006.

* L'économie expliquée à ma fille, par André Fourçans, éd. du Seuil, 2e éd. 2006.

** L'illusion économique, par Bernard Guerrien, éd. Omniscience, 2007.

Le premier est le classique pour avoir une vue synthétique de base de la façon dont fonctionne l'économie contemporaine, de ses grands problèmes et des débats qui la parcourent. Le second est très critique et un peu plus compliqué, mais avec une superbe iconographie et des références littéraires. Le troisième est très libéral, faussement naïf et énervant, mais intelligent. Le quatrième règle le compte des économistes orthodoxes qui se prennent pour des scientifiques.

Sur l'analyse économique

** Principes d'économie moderne, par Joseph E. Stiglitz, éd. De Boeck, 2e éd. 2004.

** Economie politique, par Edmund S. Phelps, éd. Fayard, 2e éd. 2007.

** Macroéconomie, par Olivier Blanchard, Daniel Cohen et Cyril Nouveau, Pearson Education, 4e éd. 2007.

** Introduction à la microéconomie, par Hal R. Varian, éd. De Boeck, 6e éd. 2006.

Quatre manuels "à l'américaine": le moins possible d'équations (aucune dans Stiglitz et Phelps, deux "Nobel" pourtant…), des courbes bien expliquées et des exemples illustratifs en pagaille. Le contraire des manuels français… Les deux premiers couvrent macro et microéconomie, contrairement aux deux autres. Aucun des quatre ne s'écarte vraiment de l'orthodoxie, mais les trois premiers prennent des libertés et en soulignent les limites.

Sur les fondateurs

* L'économie en perspective, par John K. Galbraith, éd. du Seuil, 2007 (inclus dans un volume intitulé Economie hétérodoxe).

* Les grands économistes, par Robert L. Heilbroner, coll. Points, éd. du Seuil, 2001.

* Déchiffrer les grands auteurs de l'économie et de la sociologie, par Denis Clerc, 2 tomes, éd. La Découverte, 2000.

Galbraith est le plus complet (il va d'Aristote à Friedman), le plus brillant, mais est un peu faible sur les prolongements contemporains. Heilbroner a écrit une merveille d'intelligence ironique. Le dernier est plus sélectif et met les auteurs en perspective historique, mais le livre est en voie d'épuisement.

Sur les courants économiques d'aujourd'hui

* Nouvelles théories économiques, par Marc Montoussé, éd. Bréal, 2002.

* La pensée économique contemporaine, par Bernard Bernier, coll. Topos, éd. Dunod, 2001.

Deux petits livres bien faits pour péné­trer dans l'univers des principales chapelles contemporaines. Le second est plus complet, mais aussi un peu plus difficile d'accès.

** Les grands économistes contemporains, par Arnaud Mayeur, éd. PUF, 2003.

La présentation (assez formalisée) des analyses de certains grands auteurs contemporains (Barro, Lucas, Alesina, Solow…) en cherchant à apporter une réponse précise à un problème, comme par exemple: les syndicats sont-ils responsables du chômage?

** La pensée économique depuis Keynes, par Michel Beaud et Gilles Dostaler, éd. du Seuil, 2e éd., 1999 (version raccourcie en coll. Points, 1996).

Une présentation précise de chaque auteur important et une présentation synthétique des problématiques. Le livre de référence (qui mériterait une actualisation).

*** La pensée économique moderne, par Brian Snowdon, Howard Vane et Peter Wynarczyk, Ediscience, 1997.

La plupart des grandes controverses contemporaines entre chapelles s'y trouvent exposées, avec des commentaires de certains des grands acteurs (Lucas, Phelps, Friedman…).

*** Textes fondateurs en sciences économiques depuis 1970, par Maya Bacache Beauvallet et Marc Montoussé, éd. Bréal, 2003.

Une traduction d'articles (ou de substantiels extraits) qui comptent pour les chapelles contemporaines. On y trouve Akerlof, Becker, Nordhaus, Kydland et Prescott, Barro, Romer… Des grands, mais des textes parfois compliqués.

*** Dictionnaire des grandes oeuvres économiques, par Xavier Greffe, Jérôme Lallement et Michel De Vroey, éd. Dalloz, 2002.

75 oeuvres majeures de 75 auteurs (la grande majorité contemporains) commentées chaque fois par un fin connaisseur. Une mine, mais souvent difficile d'accès. Une bonne introduction à la pensée contemporaine.

Sur quelques très grands auteurs contemporains

** La présomption fatale, par Friedrich Hayek, éd. PUF, 1993.

Le dernier livre de Hayek, qui synthétise bien son approche de l'économie et sa conception d'un libéralisme quasi absolu.

* Les passions et les intérêts, par Albert O. Hirschman, coll. Quadrige, éd. PUF, 1997.

L'histoire de l'émergence de l'économique comme facteur décisif de l'évolution des sociétés aux XVIIe et XVIIIe siècles.

* La science économique et l'intérêt général, par John K. Galbraith, éd. Gallimard, 1974.

"L'économiste des non-économistes" (dixit Samuelson) livre ici une synthèse éclairante de ses thèses.

Sur quelques disputes

Sur la croissance

** Théorie de la croissance endogène, par Charles I. Jones, éd. De Boeck, 2000.

Sans doute la présentation la plus pédagogique d'une approche complexe.

** Les théories de la croissance, par Jean Arrous, coll. Points, éd. du Seuil, 2e éd., 1999.

Brosse un panorama de l'ensemble des explications de la croissance avancées par les économistes.

** La décroissance, par Nicholas Georgescu-Roegen, éd. Sang de la Terre, 3e éd. 2006.

Pour se familiariser avec les thèses - radicales - de la bioéconomie, qui servent de fondement aux partisans de la décroissance.

* Halte à la croissance?, par Dennis et Donella Meadows, Club de Rome, éd. Fayard, 1972.

Le premier cri d'alarme retentissant, portant sur la démographie, l'environnement et les matières premières et concluant à la nécessité de ralentir avant qu'il ne soit trop tard.

** Le rapport Stern sur le changement climatique, 2007, en ligne sur www.hm-treasury.gov.uk/independent_reviews/stern_review_economics_climate_change/stern_review_report.cfm (en anglais).

* Le pari de la décroissance, par Serge Latouche, éd. Fayard, 2006.

La décroissance, ce n'est pas triste et c'est indispensable. Le lecteur se demande s'il faut mettre l'informatique, les médicaments, les scientifiques, les économistes et les usines à la poubelle. Ou le radicalisme sans frein…

Sur l'emploi et le chômage

** Plein emploi, par Jean Pisani-Ferry, rapport n° 30 du Conseil d'analyse économique, éd. La Documentation française, 2000.

* La bonne aventure, éd. La Découverte, 2001 (prix du livre d'économie).

Le deuxième est la version davantage grand public du premier. Ou comment réduire le taux de chômage structurel sans inquiéter la Banque centrale européenne, toujours si craintive à l'égard de l'inflation.

** Emploi: éloge de la stabilité, par Christophe Ramaux, éd. Mille et une nuits, 2006.

L'antithèse du précédent, aussi bien sur la flexibilité que sur le rôle des politiques économiques.

* De la précarité à la mobilité: vers une sécurité sociale professionnelle, par Pierre Cahuc et Francis Kramarz, éd. La Documentation française, 2004.

Plaidoyer en faveur du contrat de travail unique conjugué avec une meilleure indemnisation des salariés licenciés.

* Le chômage, fatalité ou nécessité?, par Pierre Cahuc et André Zylberberg, éd. Flammarion, 2004.

Il ne faut pas craindre les licenciements, mais les rigidités, car ce sont elles qui créent du chômage. L'intérêt du livre, de tonalité libérale, est qu'il s'appuie sur de nombreux récits d'expériences étrangères pour mettre à mal certaines idées reçues.

* Condamnés au chômage?, par Denis Clerc, éd. La Découverte, 1999.

La démographie compte, les remèdes libéraux ne sont pas forcément efficaces et nombre d'auteurs racontent beaucoup de bêtises sur ces sujets.

* Sortir du chômage, par Pierre Boisard, éd. Mango, 2007.

Sans doute le livre grand public le plus intelligent sur la question, car il montre le rôle indispensable de l'Etat et du marché (les deux à la fois) et la nécessité d'investir lourdement dans la formation.

* Richesse du monde, pauvreté des nations, par Daniel Cohen, coll. Champs, éd. Flammarion, 1999.

Ce livre remarquable ne porte qu'en (petite) partie sur l'emploi, mais explique très bien le "biais technologique" en faveur du travail qualifié.

* L'introuvable sécurité de l'emploi, par Peter Auer et Bernard Gazier, éd. Flammarion, 2006.

Le meilleur livre grand public sur la flexsécurité.

Sur la mondialisation

* Qu'est-ce que la mondialisation?, par Charles-Albert Michalet, éd. La Découverte, 2002.

* Mondialisation, la grande rupture, du même auteur, éd. La Découverte, 2007.

Une remarquable présentation pour le premier, à la fois limpide et fouillée. Un second livre, plus récent, pour approfondir un peu la problématique.

* L'inégalité du monde, par Pierre-Noël Giraud, coll. Folio actuel, éd. Gallimard, 1996.

Avec la mondialisation, certaines firmes deviennent nomades, les écarts économiques entre nations se réduisent, ceux à l'intérieur de chaque nation s'accroissent. Une thèse qui a fait couler beaucoup d'encre.

* La grande illusion, par Joseph E. Stiglitz, éd. Le Livre de poche, 2003.

Une charge contre la mondialisation et ses suppôts (FMI et Banque mondiale), accusés de ruiner les pays pauvres au béné­fice de puissants intérêts d'entreprises.

** Les intégrismes économiques, par Henri Bourguinat, éd. Dalloz, 2006.

N'est pas contre la mondialisation, mais contre le libre-échange qu'il qualifie d'intégral. Traite aussi de la liberté des mouvements de capitaux et de la taxe Tobin. Un livre très raisonnable.

* Made in monde, par Suzanne Berger, éd. du Seuil, 2006.

Mais comment font les entreprises qui s'en sortent, alors qu'elles ont des coûts salariaux plus élevés? Une passionnante enquête de terrain qui montre que les délocalisations ne sont pas inévitables.

* La France face à la mondialisation, par Anton Brender, coll. Repères, éd. La Découverte, 5e éd., 2004.

Ce n'est pas en se repliant qu'on fera face, mais en améliorant la protection sociale et la formation. La mondialisation implique un rôle accru de l'Etat.

* Mondialisation, villes et territoires, l'économie d'archipel, par Pierre Veltz, coll. Quadrige, éd. PUF, 2005.

Ou comment des territoires dynamiques peuvent supporter le choc de la mondialisation dès lors que leurs acteurs se mobilisent.

** Histoire des agricultures du monde, par Marcel Mazoyer et Laurence Roudart, éd. du Seuil, 1997.

Dans cette vaste fresque, le dernier chapitre porte sur la nécessaire protection des agricultures paysannes du Sud, pour des raisons environnementales et sociales.

* Les désordres de la finance, par Dominique Plihon (dir.), éd. Encyclopaedia Universalis, 2004.

Un livre à plusieurs voix qui déborde la seule question des mouvements internationaux de capitaux et aborde le problème de la régulation financière. Une très bonne synthèse.

* Le commerce des promesses, par Pierre-Noël Giraud, éd. du Seuil, 2001.

Le meilleur livre pour comprendre pourquoi et comment s'est développée la finance.

* Le capitalisme total, par Jean Peyrelevade, coll. La République des Idées, éd. du Seuil, 2005.

La finance est en train de détruire le système productif en ne s'intéressant plus qu'aux dividendes et aux actionnaires.

Sur le rôle de l'Etat

** Analyse économique de l'Etat, par Yves Crozet, coll. Cursus, éd. Armand Colin, 2e éd. 1997.

Pour étudiants, mais c'est aussi la meilleure synthèse.

* "Bientôt privés de services publics?", Regards croisés sur l'économie, n° 2 sept. 2007.

Une analyse détaillée du débat sur la nécessaire transformation des services publics. Très pédagogique et pas superficiel.

* "Les services publics", Les Cahiers français n° 339, juillet-août 2007.

Un peu plus analytique et approfondi que le précédent.

* Un autre monde, par Joseph E. Stiglitz, éd. Fayard, 2006.

Oui, l'Etat est nécessaire, mais il ne peut pas tout. Le problème est de trouver la bonne articulation.

* Dix-huit leçons sur la politique économique, par Jean-Claude Prager et François Villeroy de Galhau, éd. du Seuil, 2003.

Par deux économistes qui ont été aux manettes (quand DSK était ministre des Finances). Les auteurs balayent aussi des thèmes de politique sociale (les retraites…). Intéressant et assez pédago.

*** Politique économique, par Agnès Benassy-Quéré, Benoît Coeuré, Pierre Jacquet et Jean Pisani-Ferry, éd. De Boeck, 2004.

Théorie et pratique mêlées, et une analyse des questions européennes. Le meilleur livre sur le sujet, mais réservé à ceux qui savent lire l'économiste dans le texte.

** Les trois mondes de l'Etat-providence, par Gøsta Esping-Andersen, éd. PUF, 1999.

Une typologie qui se veut en même temps une explication historique et sociologique de la façon dont se sont bâtis les systèmes de protection sociale en Europe.

* La France injuste, par Timothy B. Smith, éd. Autrement, 2006.

La thèse controversée mais stimulante d'un observateur anglais s'étonnant que la protection sociale pèse si lourd en France et redistribue si peu à ceux qui en ont vraiment besoin.

Sur le capitalisme

* Le nouvel âge du capitalisme, par Elie Cohen, éd. Fayard, 2005.

Le capitalisme contemporain a besoin de la finance pour être dynamique, mais la société a besoin de calmer le jeu spéculatif pour fonctionner. L'Etat a donc un nouveau rôle à jouer.

* Le capitalisme d'héritiers, par Thomas Philippon, coll. La République des idées, éd. du Seuil, 2007.

Sans confiance réciproque, pas d'économie dynamique. Or le capitalisme français ignore le dialogue social et le management intelligent dont la confiance a besoin pour s'instaurer.

** La croissance, début de siècle, par Robert Boyer, éd. Albin Michel, 2002.

La nouvelle économie existe bien, mais elle repose sur les hommes davantage que sur la finance ou les puces.

* Les dernières heures du libéralisme, par Christian Chavagneux, éd. Perrin, 2007.

La fin d'une idéologie, celle de la main invisible, est proche, car même les grandes institutions internationales n'y croient plus.

* Le libéralisme n'a pas d'avenir, par Guillaume Duval, éd. La Découverte, 2003.

Le marché a besoin de plus de solidarité et de plus d'investissements sociaux ou dans l'homme, et il n'est pas capable de les produire. Donc il lui faut composer.

* L'économie de marché, par Roger Guesnerie, éd. Le Pommier, 2006.

La meilleure introduction, qui traite des ombres et des lumières.

** Capitalisme ou démocratie?, par Marc Fleurbaey, éd. Grasset, 2006.

Les deux mon Général. Remarquable.

* La démocratie et le marché, par Jean-Paul Fitoussi, éd. Grasset, 2004.

Plus de démocratie ne nuit pas, même en économie.


Alternatives Economiques Poche n° 031 - novembre 2007
 Commenter cet article
J'ai déjà un compte, je m'identifie :

Mot de passe oublié?

Je n'ai pas de compte, je m'inscris :

Votre email :
Les trois derniers numéros



Votre email :

Je m'abonne et je commande



Offres d’emploi
    > Voir toutes les offres

    <a href="page.php?rub=99"><img src="pics/fr/mes-achats.gif" alt="Mes achats">

    Santé & Travail : Contacts | Qui sommes-nous ? | Informations légales | Signaler un contenu illicite
    Abonnements : 12 rue du Cap Vert 21800 Quetigny - Tel 03 80 48 10 25 - Fax 03 80 48 10 34 - accès au formulaire de contact
    Rédaction - Santé & Travail : Pôle information de la Mutualité française - 255, rue de Vaugirard - 75719 Paris Cedex 15
    01 40 43 34 73 - accès au formulaire de contact
    © Santé & Travail. Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées sur ce site est soumise à
    l’autorisation de : Santé & Travail. Ce site fait l’objet d’une déclaration auprès de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés sous le numéro 821101
    Santé et Travail/Accueil