Ces lobbies qui nous intoxiquent

François Desriaux et Stéphane Vincent
Santé & Travail n° 098 - avril 2017
couverture
Ces lobbies qui nous intoxiquent
avril 2017

Après les scandales de l'évasion fiscale, voici les scandales sanitaires !

Les révélations du Monde sur les pratiques de Monsanto relatives au glyphosate [1] et sur les conflits d'intérêts au sein des instances de la Commission européenne [2] jettent en effet l'opprobre sur les autorités sanitaires. Cancérogènes, pesticides, perturbateurs endocriniens, rayonnements ionisants, nanomatériaux, à qui pouvons-nous faire confiance pour protéger la santé publique et la santé au travail ? Les alertes scientifiques s'accumulent sans que les agences sanitaires, les pouvoirs publics, nationaux ou européens, adoptent rapidement les dispositions de protection appropriées. Vingt ans après le scandale de l'amiante, on est bien loin de l'application du principe de précaution. Ce sont toujours le pouvoir économique et les industriels qui ont le dernier mot. Comment font-ils et comment la science et les pouvoirs publics se laissent-ils avoir, malgré les lanceurs d'alerte, l'installation de comités de déontologie dans les agences sanitaires et l'évolution des règles éthiques ? Les contributions scientifiques et les enquêtes de ce dossier démontent la "fabrique" du doute et la complaisance coupable des autorités. Et ce n'est pas rassurant.

  • Le masquage scientifique des cancers professionnels

    Les travaux d'épidémiologistes des années 1980 servent encore aujourd'hui de références aux industriels pour contester la toxicité de leurs produits, limiter la reconnaissance des cancers professionnels et la réglementation en matière de prévention.

  • De la passivité de l'Etat face aux dégâts du travail

    En refusant d'améliorer la reconnaissance des maladies professionnelles, les pouvoirs publics contribuent à les rendre invisibles socialement. Un statu quo qui avantage les lobbies, au détriment des enjeux de santé publique.

  • Un règlement à l'amiable pour l'industrie chimique

    Avant et depuis l'adoption du règlement européen Reach sur les substances chimiques, les industriels ont déployé différentes stratégies d'influence visant à en limiter les effets sur leurs activités. Un véritable cas d'école en matière de lobbying.

  • Les vertus contestées du réseau européen sur la silice

    Selon des acteurs concernés, la création d'un réseau paritaire et européen prônant l'usage contrôlé de la silice cristalline aurait retardé le classement de ce minéral comme cancérogène professionnel et la définition d'une valeur limite d'exposition.

  • La radioprotection, une mystification historique ?

    Définies au temps où scientifiques et médecins s'enthousiasmaient du potentiel offert par les rayonnements ionisants, les règles de radioprotection ont moins servi à protéger les travailleurs et populations qu'à légitimer leur exposition. Récit.

  • Quand l'industrie des pesticides manipule la science

    Pour contrer les alertes scientifiques sur la toxicité des pesticides, les industriels financent des études plus favorables, discréditent celles qui ne vont pas dans leur sens et peuvent compter sur la bienveillance d'experts avec qui ils entretiennent des liens privilégiés. Enquête.

 Notes
  • (1) "Ce que les "Monsanto papers" révèlent du Roundup", Le Monde, 18 mars 2017.
  • (2) "Cancers au travail : Bruxelles malade des conflits d'intérêts", Le Monde, 24 février 2017.
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